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Restauration Dauphine 1960


Voici en détail la restauration de la Dauphine 1960 de Philippe - Récit du proprio :

En mars 1993, une petite annonce dans un journal local attire mon regard : une Dauphine est à vendre à soixante kilomètres de chez moi. Pourquoi une Dauphine ? Pour la petite histoire : mon père en a possédé une, et celle-ci a emmené ma mère à l'hôpital, il paraîtrai même que j'ai failli naître dedans... mais une Dauphine, c'est aussi une voiture avec une bouille plus que sympa et un côté sixties que j'adore. 

Une visite à la personne qui avait passé l'annonce, et quelques heures plus tard me voilà nouveau propriétaire de la belle. Enfin belle... à première vue car malgré une inspection méthodique des soubassements, je n'étais pas à l'abri de mauvaises surprises...

La Dauphine est arrivée chez mes parents. A première vue, elle présente bien mais les 60kms du trajet ont déjà permis d'identifier de gros problème d'embrayage et des trous à l'accélération... ça commence bien !



Etat des lieux

La Dauphine a été repeinte dans une teinte proche du blanc réjane mais un poil plus clair. Il y a ci et là quelques coulures sur la carrosserie. Un gros trou est présent sous la batterie et une plaque en tôle noyée dans le blackson de la contre aile avant droite est trouvée. Les pneus sont à la limite de rendre l'âme, les flexibles sont morts et les jantes ont été repeintes dans un magnifique bleu ciel !

La sellerie est usée, tachée par l'humidité et le temps. Il faut dire aussi que l'ancien propriétaire transportait des poules à l'arrière pour aller au marché.

Le moteur a 48 000kms d'origine et tourne bien. A noter des problèmes de carburateur et d'embrayage.


En profiter un peu avant une restauration dans les règles

La première étape a été de changer l'embrayage : disque et mécanisme étaient HS (à noter que si j'avais à le refaire maintenant je changerai aussi la butée). Le carburateur une fois démonté faisait étalage de quelques pièces manquantes, de buses qui n'était pas les bonnes et de joints craquelés. Je déniche un autre carburateur et avec une pochette de joints neufs : je remonte un carbu potable. Les jantes sont repeintes en blanc (ce que j'avais en stock) en attendant mieux, quatre pneus neufs et des flancs blancs rapportés viennent les habiller. Les flexibles sont changés dans la foulée. En août 1993, la Dauphine ressemble à ça et roule pour mon plus grand plaisir.

Elle va ainsi effectuer quelques rallyes et expositions et ce jusqu'au 20 Mai 1995 date du début d'une vraie restauration.

La restauration (Mai 1995 - Avril 1996)



Je commence par démonter tous les éléments de carrosserie et traiter au fur et à mesure, ailes et contre ailes.

 



L'aile arrière droite est déposée et on peut voir l'étendue des dégâts sur le feuillet de tôle qui supporte l'aile. Il faudra en reprendre une partie et souder de la tôle neuve. La voiture avait simplement été repeinte sans rien démonter...



C'est un peu mieux de l'autre côté avec juste de la rouille de surface.



Après décapage à la ponceuse et avec des brosses métalliques montées sur une perceuse je passe un antirouille Rustol AP60 de couleur orangé. Je pulvériserai ensuite 3 couches de noir à châssis.


Et voilà le travail de l'autre côté, ça a meilleure allure non ?







Le démontage de la carrosserie se poursuit avec le capot et les ailes avant. J'en profite pour décalquer les inscriptions qui référencent la peinture dans le coffre avant. Puis je ponce et répare le trou dû à l'acide de la batterie. Ensuite je refais les cordons d'étanchéité entre les tôles avec un mastic souple.



Les ailes et contre ailes avant subissent le même sort que pour l'arrière. A ce stade je vire la tôle rivetée dans la contre aile avant droite et fait souder une nouvelle tôle.





Le 18 juin je me décide à tomber le groupe moto propulseur. Problème je n'ai pas de chèvre. Qu'importe, un peu d'astuce et de débrouillardise et avec l'aide complice de mon père tout va bien se passer. Je démonte toutes les connexions électriques, les canalisations et les boulons fixant la traverse sur la carrosserie. Je déconnecte la commande de boite de vitesses et dépose les 4 boulons de la grosse traverse (au niveau du radiateur)


Caler les roues arrière. Poser ensuite une planche de bois boulonnée sur les ferrures de pare choc. Soulever la caisse au moyen de cette planche (à deux !) et pousser. Le groupe moto propulseur reste sur place en entier. Il n'y a plus qu'à déposer la caisse sur chandelles.



Le moteur est déshabillé de tous ses accessoires







La boite de vitesses est déposée. Je vais simplement la vérifier, changer tous les joints et lui donner un coup de jeune en lui refaisant une peinture.





Le groupe moto propulseur est remonté. Le moteur a été vérifié et ses joints changés. La pompe à eau est remplacée par une d'occasion (on en trouvait pas encore de neuves à l'époque) et tout a été repeint en vert moteur ou noir. A noter les pales du ventilateur de couleur jaune pale (!) pour avoir plus de visibilité quand elles tourneront. 


Je remonte le groupe complet dans la voiture. Une erreur à ne plus faire. En effet malgré le meilleur des camouflages en revenant de la carrosserie, le groupe moto propulseur sera recouvert de petits pigments blanc réjane obligeant à reprendre ça et là, la peinture...


Cette fois ci je ponce les planchers pour de bon jusqu'à la tôle et je les recouvre de rustol AP60 puis de deux couches de noir à châssis. Une peinture blanc réjane sera appliquée par le carrossier plus tard.


Ca y est le carrossier vient chercher la belle. J'ai remonté tous les éléments (portes, ailes et capots sans les ajuster). Nous sommes le 19 septembre 1995



Les ailes resteront en place pour la peinture finale mais les capots et portes seront peint de façon séparés. Ici le carrossier s'applique à effacer les petits coups et bosses (et il y en avait...)


La petite excroissance que j'avais vu sur le bas de caisse à l'achat et en fait une bosse rebouchée sommairement avec grand renfort de mastic. Tout va rentrer dans l'ordre avec mon carrossier.


Le 12 décembre la Dauphine revient de sa peinture finale. Elle est magnifique dans sa teinte blanc réjane.


Tout a été repeint du sol au plafond en trois couches. Maintenant il n'y a plus qu'à commencer le remontage...


Pendant que la voiture est en carrosserie, je m'emploie à refaire les contre portes.


A partir de janvier 1996, le remontage commence et avance rapidement. Je change à nouveau tous les joints de porte.


On voit la sellerie remontée et la pose des joints qui continue.


Et le 6 avril 1996, la Dauphine est terminée et reprend la route.


En août 1998 je trouve une attache remorque neuve Erka que je monte sur ma Dauph'.
En mars 2001 le pignon de celeron que je n'avais pu démonter lâche en voulant démarrer la bête. Mon garagiste débloquera la dent de loup avec un coup de burin. On en profite pour changer le joint spi et le joint du carter et mettre un autre pignon tout neuf. Depuis la belle coule des jours heureux et n'est plus jamais tombée en panne...

Armelle et Philippe ont fini par se dire oui en août 2004 avec une de leur Dauphine...

 

Remise à niveau (2012 - ?)

La Dauphine donnait quelques signes de faiblesses depuis 2010, râtés à chaud, voir calages, moteur poussif.

Après deux années sans tourner décision est prise de refaire le groupe motopropulseur et quelques mises à niveau. Les compressions prises tournent autour de 5,5. Le moteur sera changé en attendant que je refasse complètement celui monté d'origine sur la voiture.

Avril 2012 : le groupe motopropulseur est sorti.

Le programme va être le suivant : changement du moteur, changement des joints de boite et joints spi, déplacement de la bobine et pose d'une double bobine, peinture des jantes, pose des enjoliveurs d'aile Saprar, réfection du carburateur, changement des pneus, ..

A SUIVRE

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